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Le mal-être psychologique déclenché par les maladies mentales et physiques

Le sujet traité ici nous questionne sur le mal-être psychologique issu des maladies mentales et physiques et de la manière dont il se déclenche. Par ailleurs, l’apparence et le qu’en-dira-t-on sont des phénomènes de société, notamment avec le développement des réseaux sociaux, et de ses effets de mode. Malheureusement, ces derniers engendrent des problèmes conséquents et touchent de nombreux domaines comme celui de la santé, en particulier chez les adolescents et jeunes adultes. C’est le constat d’une société où le contrôle de l’apparence de soi est permanent et s’oppose paradoxalement aux non-dits et à la face cachée de la vie réelle. Mais quelle est la place de la maladie quand le monde qui nous entoure tourne autour de l’apparence ? En quoi le mal-être psychologique est-il lié aux tabous et comment y remédier ?

Un manque d’information qui laisse place aux préjugés

Bien souvent, le mal être psychologique est entraîné par le tabou existant autour de la maladie en question ou autour de comportements, comme les agressions sexuelles. La maladie en elle-même, ou le vécu de celle là peut aussi être une des raisons majeures qui entraîne le mal être. Toutefois la non communication, l’absence de dialogue et de prévention est encore, aujourd’hui, bel et bien existant. Les tabous se créent et la communication reste minime, parfois inexistante. La faible médiatisation peut elle aussi expliquer une méconnaissance du sujet. Le manque d’information amène le plus souvent à des remarques non-fondées et à des préjugés, laissant les malades dans un cercle vicieux infernal.

Renfermement sur soi-même, dépression ou encore dans le cas le plus extrême, on retrouve le suicide, qui touche près de 800 000 personnes dans le monde selon l’OMS. Il s’agit d’un cas qui pourrait néanmoins être évité grâce à une stratégie globale de prévention du suicide, ou plus généralement à une sensibilisation du public et à une accessibilité à des renseignements exacts.

Briser les tabous

Afin de contrer les tabous et lever le voile sur les maladies physiques ou mentales, des évènements de soutien se sont créés en faveur des ces maladies, faisant appel à de nombreux participants.

On compte parmis eux les «Mad Days» , deux journées d’événement culturels et festifs où l’objectif est de donner un autre regard sur les maladies psychiques dont on ne parle pas assez. Sur les réseaux sociaux, des personnalités influentes s’exposent. Un moyen de faire face aux tabous en les assumant, comme les mannequins Bethany Townsend, atteinte de la maladie de Crohn, et Winnie Harlow, atteinte de la maladie du vitiligo. On retrouve dernièrement un phénomène particulier nommé le «Ice Bucket Challenge», un geste qui consiste à se verser ou se faire verser un saut entier d’eau froide sur la tête, puis à inviter un ou plusieurs amis, via les réseau sociaux, à reproduire ce challenge. Il s’agit alors de médiatiser la lutte contre la maladie de Charcot et de collecter ainsi des fonds contre cette maladie. Enfin, Parteners for Mental Health, un organisme de bienfaisance national canadien s’interroge sur la manière dont les Canadiens perçoivent et agissent envers la santé mentale au travail. Leur projet “Not Myself Today” est basé sur le soutient et le suivi des personnes en difficulté.

Afin de contrer les tabous et lever le voile sur les maladies physiques ou mentales, des évènements de soutien se sont créés en faveur des ces maladies, faisant appel à de nombreux participants.

Anaëlle Daussy / Julie Rassat

Pourquoi l'Homme idéal de Quantified self est-il un cauchemar ?

Tout droit venu des années soixante-dix et quatre-vingt aux Etats-Unis, le renouveau du mantra « un esprit sain dans un corps sain » s’impose dans une société qui associe désormais santé, beauté, succès professionnel et sexualité aux silhouettes fermes et toniques. Paradoxalement, la population américaine observe une augmentation inquiétante de problèmes de santé liés au surpoids, démultipliant la force de ce canon. Le fitnessprend alors tout son sens comme catalyseur de puissance, notamment chez les femmes, portées par le mouvement féministe et stimulées par leur nouveau rôle économique. Maitriser, perfectionner son corps c’est prendre le contrôle de sa vie, de son avenir.

Ce mantra prend aujourd’hui une nouvelle dimension avec la démocratisation du quantified self, qui s’insère dans une logique d’optimisation de ses performances au sens large. Tous les éléments de la vie quotidienne d’un individu sont mesurés en continu, dans le temps. Tout y est passé au crible, la qualité du sommeil, les distances parcourues, les variations du rythme cardiaque, les calories brulées, etc. L’information est analysée et restituée à l’individu dans une logique d’amélioration continue. On lui suggère de modifier son comportement pour se rendre maitre de son horloge biologique, dompter son cœur, régner sur ses besoins nutritionnels. On peut y percevoir un désir de repousser la mort, de dévier la trajectoire de l’inéluctable. C’est également un moyen de se réapproprier sa matière organique face à une machine biologique complexe et insaisissable. On peut également considérer la jouissance tirée de la liberté d’agir sur propre corps, d’en tirer les ficelles et d’en constater l’évolution. Cette pratique a néanmoins un véritable potentiel obsessionnel en entretenant et en renouvelant la poursuite d’un idéal de soi. Elle nourrit une philosophie du dépassement de soi, de la course à la perfection, d’accomplissement solitaire. Cette quête, stimulée entre autres par la vanité et le culte de la jeunesse éternelle fait la part belle à l’expression d’un narcissisme exacerbé. Cependant, on assiste à la naissance d'une nouvelle perception de l'homme, l’Humain augmenté, dont la technologie est au service de la quête vers cet idéal.

Le potentiel obsessionnel démesuré de la pratique puise sa force dans le processus d’addiction crée et autoalimenté en permanence par l’individu.

Par exemple, en constatant l’évidence d’un sommeil peu réparateur, Pierre s’équipe d’un dispositif capable d’analyser entre autre, son sommeil. Il accède désormais à une information concrète démontrant sa mauvaise qualité de sommeil. L’outil suggère d’actionner une alarme intelligente respectant ses cycles de repos et conseille de modifier ses habitudes en ajustant l’heure du coucher. Pierre analyse alors les données après avoir modifié son comportement et constate jour après jour l’amélioration de la qualité de son sommeil. Fort de cette expérience positive, Pierre continuera à suivre la qualité de sommeil et décide de s’attaquer à son mal de dos constaté au réveil. L’outil propose les positions de couchage optimales pour soulager la pression sur telle ou telle partie du corps et éventuellement de suivre un programme de renforcement de la ceinture abdominale et du dos. L’outil pourra constater le rythme cardiaque élevé de Pierre durant les exercices, trop élevé par rapport à son âge, son poids et son activité physique et lui proposer un programme permettant de renforcer le tonus cardiaque et ainsi de suite.

Le processus d'addiction est donc amorcé par l'utilisateur lui-même et amplifié par l’outil par le mécanisme d’incitation. Les résultats, les performances sont quantifiés en continu. L’activité et les décisions de l’utilisateur sont modulées en fonction. Il est pris dans le jeu de l’analyse et de l’ajustement ses performances au fil du temps. On parle alors en terme marketing degamification. Beaucoup d’outils gravitant dans l’écosystème du quantified self utilisent des mécanismes directement inspirés du jeu vidéo, à l’instar des récompenses virtuelles, décernées en battant records de vitesse, assiduité. L’activité peut être mesurée en points permettant d’engranger des niveaux.

La notion de gamification est d’autant plus forte que le quantified self est également de plus en plus social. Il est possible de partager l’information avec son entourage et au-delà de l’aspect egocentrique de mise à disposition de données détaillées sur ses activités quotidiennes, le processus d’addiction peut devenir contagieux. Un classement est établi, permettant de se mesurer par rapport à la communauté. Il est ainsi possible de constater que la communauté de coureurs de la tranche d’âge supérieure court en moyenne plusieurs dizaines de kilomètres de plus que vous chaque mois. La pression des pairs et l’esprit de compétition viennent renforcer le phénomène d’addiction.

Cette masse d’information récoltée en continu sur les individus permet de construire une empreinte numérique extrêmement précise de leur quotidien, une manne inespérée pour les annonceurs et autres entreprises soucieuses d’inciter à la consommation en ciblant les bons produits au bon moment. Avec l’arrivée de l’internet des objets, l’activité d’un individu peut être tracée avec un niveau de précision inouï. De toute évidence, le débat sur la diffusion, l’échange et surtout la commercialisation de ces données, anonymes ou non sera d’autant plus passionné et vif qu’il ne l’a été jusqu’à présent. Qui peut trouver acceptable de partager son rythme cardiaque au repos avec son assurance santé, comme le propose déjà Axa ? Le sujet a déjà fait réagir la CNIL qui préconise quelques bonnes pratiques de manière à préserver ses données. Le quantified self est loin d’être anecdotique. C’est déjà une tendance grand public bien installée. Aux Etats-Unis, 60 % des adultes suivent leur poids, leur régime ou leur activité physique. 33% suivent leur glycémie, pression artérielle ou leur sommeil. Il existe plus de 40 000 applications de typequantified self liées à la santé. Cette tendance semble devenir la norme, avec toutes les transformations sociétales que cela peut engendrer.

Natalya Novikova / Sixtyne Perez

Interview avec un Thierry Tessier, expert en art, historien de mode et un ami de Natalya (d’où le tutoiement) et très sympathique expert en art et historien de la mode, qui s’est confié à nous de manière très naturelle et sincère.

Anaëlle : Bonjour ! :)

Présente-toi, que fais-tu aujourd'hui, quel est ton métier ?

Thierry : Je m'appelle Thierry Tessier, j'ai 34 ans, je suis expert en art et historien de la mode. J'enseigne dans 6 écoles, je monte des ventes aux enchères, des expositions et je fais des inventaires de collections. J'ai vécu à Londres, à Paris mais aussi dans les pays scandinaves. Je suis toute ouïe par rapport à vos questions.

A : On aimerait savoir comment exactement tu te positionnes par rapport au mal-être psychologique lié aux tabous aujourd'hui ?

T : Alors, pour répondre à cette question, il faut que je fasse une introspection sur moi-même, et ça ce n'est pas évident. Pas évident d'en parler justement parce que la société est particulièrement fermée sur les notions de maladie, qu'elles soient psychologiques ou physiques. Malheureusement, j'ai connu deux cancers dans ma vie et une maladie inconnue. Une maladie inconnue à 20 ans avec la mise en quarantaine, un cancer à 27 ans et un cancer à 34 ans. Donc ça fait beaucoup. Beaucoup de gens me disent que "Thierry, tu n'as pas eu de chance…". En fait je considère que ce n'est pas une notion de chance, c'est une notion de… voilà, c'est le fait. Beaucoup de gens me disent "Oh mais si j'étais dans cette situation, je serai désespéré(e)…". À la limite, je devrais être suicidaire. Bah non, non je ne suis pas suicidaire, je vais pas pleurer. Si je pleurs, je suis déjà condamné. Donc il faut avancer. Et oui, je n'ai pas le choix, il faut que je conserve le moral parce que si je n'ai pas moi-même le moral, je suis sûr d'être condamné.

Et justement pour la maladie, ma première maladie qui est donc la maladie inconnue qui était excessivement grave, puisque j'ai subit la mise en quarantaine, que je ne souhaite pas à mon pire ennemi. Donc 40 jours enfermé à l'hôpital parce qu'on devait retrouver le rétro-virus qui m'avait atteins. Et le souci de voir… ce n'était même pas le milieu familial qui était plus oppressant, c'était l'entourage médical, qui n'osait pas dire ce que j'avais, ce que je n'avais pas, qui n'avait de cesse que de me faire de nombreux examens. Ensuite, ils ont dit à ma fille que j'étais condamné. Donc j'ai eu le droit de voir toute la famille débarquée dans la chambre de l'hôpital, et me faire mes adieux. Quand on a 20 ans, ce n'est vraiment pas agréable et évidemment, j'étais complètement dépressif. Et j'ai compris qu'en fait, le regard de l'autre, où on voit la peine, qui t'entraine toi-même dans un cercle vicieux, qui n'est pas du tout sain. C'est pourquoi malheureusement, ou heureusement, je ne sais pas comment dire, quand 7 ans après j'ai eu mon premier cancer, eh bien je ne l'ai dit à personne. Je ne l'ai dit à personne volontairement parce que je savais comment me soigner, que personne ne pouvait m'aider, si ce n'est moi-même… donc je ne l'ai dit à personne. Et ça, c'est pas passé. Pas passé auprès de certains de mes proches, qui ont considéré que "Han, comment tu ne peux ne pas informer ta mère, ton père ?! Mais c'est horrible ! Imagine s'il se passait quelque chose et que tu mourrais…". Bah, si je meurs, je meurs ! Si je me fais renverser demain par la voiture, voilà, ça ne change rien. Je serai mort. Par contre, si je le disais, j'aurais la pression de ma mère, qui va venir auprès de moi, qui va vouloir me soutenir, et au final, voir la douleur de ta mère qui pleure… elle tombe elle-même en dépression… où est le soutien ?

Parce qu'au final, c'est le malade qui va soutenir les proches. Donc ça c'est très oppressant. Premier cancer je l'ai vécu en Angleterre, donc j'ai perdu mes cheveux, et en Angleterre, le fait d'être chauve ça passe super bien. J'ai jamais eu autant de succès. Mais en même temps, mon deuxième cancer je l'ai connu en France, c'était il y a à peine 4 mois. Et en France, c'est plus compliqué, on est beaucoup plus sur "être chauve, ça fait malade". Donc, le regard des gens est très… compatissant. Moi j'ai envie de dire c'est tout simplement con.

A : Compatissant ou plutôt pesant ?

T : Les deux. Parce que cette empathie, cette commisération, pour le terme vraiment médiéval, eh bien c'est très agréable et c'est très compliqué. Moi je suis très offensif, et je refuse cette appellation de cette pitié, de ce soutient. J'en ai rien à faire. Je demande à mes amis "je suis fatigué, laissez-moi tranquille. Par contre à l'instant T si je veux prendre un verre, que je vous appelle pour prendre un verre et pour faire la fête, ok, on va allez faire la fête, on va aller en boîte de nuit, on va aller se déchaîner !" C'est ça qui est plus positif. Et on retrouve ça aussi dans le problème psychologique, c'est à dire : j'ai une amie qui est schizophrène, une amie très proche, et cette amie, plus personne ne veut la voir. Elle est excessivement intelligente et ils lui ont tous tourner le dos, considérant que c'est une personne "bizarre", "bête", et ça, ça me… ça me désole. Évidemment, au quotidien, c'est lourd de la soutenir. Elle vient chez moi une semaine par an, et pendant une semaine, je sais que je ne peux vivre ma vie au quotidien, je dois vraiment la cadrer et en même temps c'est un peu ma BA de l'année (Bonne Action) de la soutenir. Mais les gens ont peur. C'est même pas un tabou parce que …

A : C'est un choix de vie pour le coup ?

T : Oui, les gens ont… Par exemple, quand j'ai eu mon cancer, il y a des gens qui ne sont pas venus me parler. Ils m'ont dit après "Oh mais on savait pas comment réagir parce qu'on a jamais connu des problèmes comme ça…". Un simple coup de fil, un simple "Salut, bon courage!"… ça m'aurait plu ! Non non, face à des confrontations comme ça, il y a à peu près 10 ou 15% de personnes qui ne savent pas comment réagir donc on fait l'autruche, on ne voit rien. Après, il y a des personnes qui sont intelligentes et très peu qui savent comment agir, c'est à dire qui savent apporter la bonne réponse. Et il y a une grande majorité, complètement à l'Ouest, qui croit avoir la solution et qui t'apporte des choses ? Je ne nommerai pas la personne mais un moment, cette personne m'a dit " Mais ne t'inquiète pas, je suis en train de trouver 8000€ pour te payer ton traitement. ". Qu'est ce que j'en ai à faire des 8000€ ? Je m'en fous ! Surtout que quand on est malade soi-même, il est important de réussir à trouver soi-même l'argent.

Chat : “Miaou…”

T : Excusez-moi c'est mon chat… Et donc j'ai volontairement tout fait pour payer moi-même mon traitement. Parce que c'était un principe pour moi, de pouvoir payer moi-même mon traitement. Et ça, ça c'est super dur. Parce qu'on se rend compte que les gens ont beaucoup de tabous, et sont pas capables d'en parler, et pourtant ils disent en même temps "Ah mais moi, tu peux me parler de tout, je communique facilement ". En fait non.

A : En fait pas du tout….

T : Pas du tout !

A : Les gens n'ont pas envie d'entendre ces choses là…

T : Quand tu parles de ces choses là… attends excuse-moi mais, tu pourras assurer quand je serai en train de crever et que je serai en train de vomir partout et que je serai en train de me vider de la bouche et du bas ? Ils disent "Oui, t'inquiète pas, j'serai là !" . Et puis le jour J, quand tu les appelles juste pour te raser le crâne, parce que tu as des bouts de cheveux qui partent, tu vois la personne complètement se liquéfier et disant "Ouais je le fais mais franchement la prochaine fois me rappelle pas, c'est trop dur pour moi." Et c'est pas dur pour moi. Donc ils font semblant, la famille assume, et surtout le problème en France, c'est que beaucoup de gens aiment se faire plaindre. Et surtout pour les gens… Pas les gens qui se soignent eux-mêmes, parce que souvent la personne qui est malade, elle n'a pas le choix, elle fait son petit business, et tout… Mais les gens autour, le premier cercle, ils disent souvent l'expression " Ne dérange pas le malade, passe par moi.". Pourquoi ? Le malade souvent ne te donne pas le fait de. Non, moi je veux qu'on m'appelle moi. Tu ne passe pas par un tel. Si j'ai pas envie de répondre, je ne répondrai pas. Mais si j'ai envie de répondre, oui je te répondrai. Par contre, c'est ça que les gens ne comprennent pas, être malade, c'est une énorme pression. Le seul qui puisse supporter cette pression, c'est le malade. Ceux qui ne supportent pas la pression, c'est son premier cercle, et qui eux se rajoute une pression en se disant "Ouais mais moi je vais le soutenir, je vais encaisser le malade." Euh, non. T'y arrives pas et tu craques. Et le malade a beau dire " Mais non, fais pas ça, tu es en train de t'envoyer dans le mur" … ils ne comprennent pas. Et au bout de 2,3 mois, l'entourage est en dépression. La maman, les frères, les soeurs, les belles-soeurs sont en dépression parce qu'ils ne peuvent pas supporter cette pression d'avoir des appels de toutes la familles, des amis : " Alors comment il va..? Ça a l'air un peu dur en ce moment…". Pas forcément, mais surtout que le malade ne leur a jamais demandé de faire ça. Et ça au long terme c'est compliqué. Après le tabou de la maladie sur le long terme, moi j'en parle simplement aux gens : "Bah oui, j'ai eu deux cancers et une maladie inconnue" et mes amis me disent "Mmh, c'est bizarre ça!". Et puis au final, on passe outre. J'ai des amis qui sont malheureusement HIV positif, qui m'en parlent… c'est dur à entendre, c'est dur à encaisser. Malheureusement c'est la vie. Qu'est ce qu'on peut faire à cela?

A : Tout à fait. Merci beaucoup de t'être confié à nous Thierry, c'était super intéressant ton expérience. Je voudrais aussi savoir ce que tu pourrais nous raconter sur la notion de quantifyed self, cette notion aujourd'hui de l'homme amélioré, de l'homme qui va toujours au-delà de ces limites pour être toujours "au top de sa forme" et son rapport avec ton expérience, qu'est ce que tu en penses ?

T : Moi je sais que c'est le sport qui m'a permis de m'en sortir, dans les deux cas. Le sport et l'art. Surprenant. La maladie inconnue, je l'ai complètement subi. Mais le deuxième, le premier cancer, c'est celui là qui m'a permis de m'en sortir. Puisqu'évidemment, le cancer ça change ton corps. Donc quand j'étais artiste, la psy, parce qu'en Angleterre on est suivi par un psy obligatoirement, m'a dit : "Tu vas prendre des photos, nu, avec une photographe". Et j'ai dit "vous êtes malades ?" Et j'ai fait des photos de nu, que j'ai conservé, parce que c'était la première fois que je voyais mon crâne nu, et puis en plus la chimio était très forte donc tout mes poils sont tombés. Et de me voir nu, c'était la confrontation avec mon corps, et comme elle savait que j'étais artiste, elle s'avais que c'était un impact dont j'avais besoin. Mais à ce premier cancer, je n'avais pas réalisé les conséquences de la chimio, j'ai eu beaucoup de problèmes secondaires après. Donc deuxième cancer, je savais quoi faire. Et dès la suite de l'opération, je suis allé au sport. C'est à dire natation, ensuite musculation, pour éviter les courbatures. Et le sport est vraiment solvateur parce que ça nous endorphine, tout ça, mais on ne va pas partir sur un cours de sport. Donc évidemment, les quantified self, qui permettent grâce à des objets de savoir où on en est dans notre corps, par rapport à notre cholestérol, la pression cardiaque, le rythme cardiaque, ça permet d'aider. Mais en même temps, on parle beaucoup d'addictions, ce n'est pas une addiction, c'est un comportement addictif. Mais le sport en lui-même est un comportement addictif. C'est à dire que quelqu'un qui fait beaucoup de sport dit "Oh j'ai pas fait mon sport aujourd'hui, il faut que j'y aille". C'est pas comme un drogue, c'est le comportement qui est additif, donc c'est compliqué mais en même temps, il vaut mieux avoir un comportement addictif par rapport au sport, qu'un comportement addictif par rapport à la crème fraîche, ou alors je sais pas, à bouffer des kinders ! Évidemment, c'est un comportement addictif donc ce n'est pas très bon, mais bon c'est le moindre mal. Le problème c'est pour le cancer, si on fait pas de dépistage régulièrement… Mon premier cancer on l'a vu parce que j'avais fait en fait une accumulation d'un burn out et je suis tombé dans les pommes. Et là j'ai demandé à faire un check up point complet à Londres, c'est comme ça qu'on a découvert mon cancer. Si on ne se surveille pas, on passe à côté des problèmes et ces maladies, il faut les découvrir assez tôt.

Par rapport à ce que disait Coluche, "le cancer c'est une maladie noble"… Ça fait bien, non c'est vrai il faut le dire, quelqu'un qui est atteint du HIV c'est pas la même chose. Parce qu'HIV … "Putain, t'as déconné mon gars ! Tu l'as eu !" . Moi je suis choqué quand j'entends, j'ai des élèves malheureusement qui sont HIV positif, des adultes, des professeurs, qui vont aller critiquer en disant "Ouais il a fait ça, il l'a bien mérité !". C'est quoi ce commentaire à la con? La personne a déjà le HIV, c'est déjà suffisant. Elle va vivre toute la vie avec ça, pas besoin de lui faire une double peine. Le tabou est là en fait je pense. C'est comment est perçu la maladie. Ébola, c'est très dangereux, donc on en a très très peur, le cancer c'est un petit peu noble, le HIV c'est sale parce que le mec ou la nana est complètement inconscient(e). Et donc ça c'est le problème de la gestion. Et il y aussi le problème du tabou, c'est savoir si on veut vraiment savoir si on est malade. Pour les personnes atteintes du HIV, je sais qu'il y a des personnes qui ne veulent pas le savoir, qui ne font pas de test volontairement pour ne pas savoir s'ils sont malades. Ils disent "J'préfère vivre 10 ans bien et crever au bout de 30 ans que de vivre 50 ans avec un traitement." Qui sommes-nous pour choisir ? Qui sommes-nous pour juger ? C'est comme la syphilis à la fin du XIXe siècle, on disait que si on n'avait même pas la syphilis, on était pas un artiste complètement bohème. Donc c'était obligatoire d'avoir la syphilis à la fin du XIXème siècle.

A : C'est presque des effets de mode en fait

T : Malheureusement ! Presque parce que, bon dans le milieu gay, il faut le dire, le "barbec" qui est le fait de coucher sans capote, y'a pas plus risqué. Moi je sais par exemple que la prostitution a complètement explosé parce que dans le milieu étudiant, les loyers sont trop chers, on en parle pas assez, et moi ça m'effraie. En même temps est ce que les quantified self qui sont développés par les applications téléphone vont développés la notion de risque ..? En fait je pense que ça va aider les personnes qui veulent atteindre un certain niveau de vie, qui prêtent déjà attention à elles. Un jeune homme ou une jeune fille qui est complètement hors système, qui s'en fout, qui a envie de brûler sa vie, ne va même pas télécharger cette application, il n'en a rien à foutre, il continuera à boire de la vodka, à sortir comme un fou, et puis voilà. Donc je pense que ça va aider une tranche de la population, pour vivre mieux et vieux, et puis le reste, il y aura toujours des arty qui n'en auront rien à faire, ils sont anti-sociaux donc.

A : Et toi, est ce que ça te tenterait par exemple d'avoir un appareil qui te permettrait un peu de jauger ta santé, ta pression cardiaque comme tu disais ou autre. Tu aurais aimé avoir un produit comme ça avec toi?

T : Je pense que personnellement, oui, parce que j'ai toujours fait attention, si possible, à ma vie et même si mon alimentation n'a pas pu suivre ce que j'aurais aimé, parce que je n'avais pas les moyens entre 20 ans et 30 ans. J'avais une alimentation pas du tout correcte parce que je n'en avais pas les moyens, il a fallut que je fasse ce que j'ai pu avec mes moyens. Mais si j'avais eu les outils pour me dire "Attention, ta pression cardiaque augmente trop vite, ton cholestérol est en train de monter…etc", j'aurais peut-être pu à l'instant T réagir ou autre. Et surtout ces indicateurs qui peuvent te montrer sur le long terme qu'il y a un problème. Donc je pense que oui, ça va se développer. Après ceux qui n'en voudront pas, ils ne le prendront pas, c'est clair. Il y aura vraiment des gens qui vont dire : "Je ne veux pas donner ces informations là, sinon ça va remonter dans le Big Brother…" . Mais en même temps, on est déjà complètement suivi. Quand on regarde facebook, twitter… je les utilise beaucoup pour la communication de mes évènements culturels… J'en parlais justement avec une amie, on est loin d'être des militants politiques de premier plan ou des VIP de star, pourtant on voit qu'on ne pet pas communiquer comme on le voudrait, qu'on doit faire attention à ce que l'on dit et de plus il n'y a pas de vie privée, même pour nous. Donc le terme de vie privée à l'heure actuelle est un voeux pieux, c'est une chimère. On est plus du tout dans le terme de vie privée. Si tu veux une vie privée, tu vas au fin fond de la forêt, tu vas faire de la pêche tranquille...

A : … en autarcie !

T : En autarcie, et si par contre tu es en société actuelle … J'ai des jeunes qui font abstractions, ils disent " On fait un test, est ce que je peux vivre une semaine sans téléphone portable ?". Je dis "Oui c'est sympa, c'est fun, d'accord c'est cool. Mais en même temps tu vas faire ça toute ta vie?". C'est impossible à l'heure actuelle, tu ne peux pas vivre sans un smartphone. On est tous connectés. Après il faut savoir faire la part des choses. Parce que les "no-life" ça ne date pas d'hier, on dit "oui no-life c'est pas bien" mais quelqu'un qui lit 15 bouquins par semaine, il a no-life non plus. Il passe son temps à lire, c'est ce qu'on appelle les rats de bibliothèque. Enfin excuse-moi mais c'est des geeks. Ils n'ont pas de vie non plus. Donc il y a toujours eut des personnes qui ont abusé des addictions, après faut faire la part de choses dans tout.

A : Tout à fait… Je voudrais savoir quel est ton avis quant à l'évolution des tabous et de ces avancées technologiques et du coup quel sera ou quel pourrait être son impact sur l'homme d'ici une dizaine d'années.

T : Personnellement, comme je suis aussi historien de la mode, je suis beaucoup la mode homme-femme, et physiquement déjà, même quand je vais en boîte de nuit (je suis retourné en boîte de nuit depuis quelques temps), je remarque que les mecs, c'est là où il y a la plus grande comparaison par rapport aux femmes. Les mecs actuellement sont beaucoup plus musclés qu'il y a 15 ans. On a clairement chez les mecs, une tendance à la prise de masse musculaire, parce que inconsciemment les mecs subissent la pression des publicités comme les femmes dans les années 80-90. On en parle pas encore, mais on parle beaucoup de …. Moi par exemple, quand Albert Crombie met des hommes torse-nu pour vendre des vêtements, ça me choque. On parle de féministe, mais elles étaient où les féministes pour protéger ces "hommes". Donc on a clairement l'évolution de l'homme objet qui va entraîner une recherche de l'esthétisme à la Brad Pitt, le problème c'est qu'on ne peut pas tous avoir le physique à la Brad Pitt, et donc il va falloir, pour que les gens s'en rapprochent, faire de plus en plus de sport. Le développement des technologie va les aider et vont nous dire "Voilà, tu fais telle taille, telles dimensions, tu dois manger un tel nombre de calories…etc". J'ai mon colocataire qui suit l'hygiène drastique, pas plus de 2200 calories par jours, il calcule tout. Moi je peux pas ! Donc l'évolution de la technologie, je pense, va être un ajout. On parle aussi beaucoup de la vie "+" ou la "réalité augmentée". Donc pourquoi pas imaginons les google glasses capablent de donner le nombre de calories d'une bouteille de coca. Ça, ce serait intéressant. Comme ça directement, je clic et "Ah mon repas entier fait 1200 calories, bon ben finalement, je vais prendre la salade…" Donc ça ce serait bien, que directement, l'objet soit reconnu, et hop, par un canevas, il fait le calcul. Mais je pense qu'on va clairement vers une… pas une dépendance, parce que pour celui qui le veut, il aura l'opportunité d'avoir les informations. Après les gens ils aimants pas trop. J'ai lu dans les stats que les filles ne voulaient pas sortir avec des hommes trop musclés parce qu'elles le vivent mal, elles-mêmes. En même temps, les filles aussi doivent être filiformes, avoir des formes là où il faut mais pas trop. Je vous rappelle juste que, par exemple, au Brésil, à partir de 16 ans c'est chirurgie esthétique au niveau de la poitrine, de la bouche et des fesses. Quand on voit les nouvelles "égéries" qui nous viennent d'Amérique, c'est hallucinant. Je ne sais pas si vous voyez la pub, réalisée par Goude avec Kim Kardashian. Ce qui est très intéressant en histoire de mode, Goude a été accusé de racisme pour cette campagne publicitaire, parce qu'on considérait que cette publicité rappelait la Vénus Hottentote, datant de la fin du XIXème siècle. La Vénus Hottentote qui venait d'une île du Pacifique, avait un arrière-train surdimensionné et surgraisseux, à cause d'une génétique spécifique qui vivait dans cette île là. Elle est morte d'une pneumonie ou d'un tuberculose en Europe, je crois à la fin du XIXème siècle. Et donc cette image qui a été faite par Buffon, où on la voit de profil avec un arrière-train surdimensionné, et une vulve d'ailleurs surdimensionnée aussi, a été considérée comme raciste et est le symbole du colonialisme. Et on a accusé Goude de représenter cette gente demoiselle et d'évoquer la Vénus Hottentote. Mais le problème, c'est pas Goude qui a fait ça, parce que lui il a une énorme culture, mais c'est elle, la jeune fille (Kim Kardashian) en exagérant par la chirurgie son physique, elle a rendu son corps complètement pornographique…

A : Donc pour toi, oui c'est de la pornographie…

T : Ah mais complètement ! Parce qu'elle accentue complètement ses atouts. Donc elle vient, elle se déplace, elle est pornographique. Pas sexuelle ni sensuelle, elle est pornographique, constamment. Donc on se dirige complètement vers ça mais c'est la continuité de l'histoire de la mode. Au début du XXème siècle, on avait les prostituées et on avait les femmes "du monde", grand monde. Tout au cours du XXème siècle, les femmes ont pris, petit à petit, que ce soit le vernis, le rouge à lèvres, les talons hauts, les jupes de plus en plus courtes… On a pris les attributs de la femme de joie. Quand on voit certaines marques comme Versace, par Exemple, qui ont exagéré, ils se sont même mis à vendre des godes… des godemichets ! Une maison de haute couture qui vend des godemichets ! Donc après avoir transformé les vêtements, on va transformer les gens je pense, et elle est l'archétype de l'évolution du futur, c'est à dire que, prochainement, je pense que l'on va de plus en plus vers une femme-objet, sexuelle, mais les hommes aussi, ils sont hypersexualisés. Ca ne veut pas dire qu'ils sont plus heureux. Donc évidemment, ce type de personne va être complètement accroc à ces applications, parce qu'on ne peut pas avoir un corps de malade, comme ça, simplement en mangeant des yaourts. Donc il faut obligatoirement suivre sa pression cardiaque… il faut tout suivre ! Notre avenir, ça te plait ? :)

A : Merci, du coup, vis à vis du futur, à ton avis quelle serait la place d'un créatif, d'un graphiste, d'un designer, d'ici 2024 ?

T : Eh bien pour moi, un artiste, c'est d'hurler contre le conformisme. Donc on a eu le body art de Gina Pane dans les années 60, on a eu Orlan dans les années 80, avec ses hybridations…. En fait, on se rend compte de plus en plus qu'Orlan avait vraiment anticipé cette évolution. Et je pense qu'on va avoir une émergence d'artistes de plus en plus violente. C'est le seul moyen pour militer contre cette évolution de la société. Mais ça n'aura aucun impact, parce que la société est beaucoup trop puissante. On est 7 milliards d'individus. Même si avait 100 000 artistes qui gueulaient contre ça, ça ne changerait rien. Et au mieux on va avoir quelques artistes qui vont gueuler, qui vont être très militants, mais ils ne pourront pas changer la donne. Donc on va avoir des artistes très militants, qui vont nous faire réfléchir sur le corps : "Qu'est ce qu'un monstre?", parce que Kim Kardashian c'est une femme ou c'est un monstre ? On peut vraiment se poser la question. Pour plusieurs aspects, au XVIIIème siècle, elle aurait été considérée comme un monstre. D'ailleurs, au XIXème, la Vénus Hottentote était considérée comme un monstre. Elle était présentée dans un cirque. Maintenant, elle est en première page de Vogue, c'est hallucinant. Et le plus souvent les artistes vont militer contre ça. Mais c'est un peu peine perdue. Donc on va avoir une confrontation, et ils vont réfléchir, et puis on aura certainement une fibre très militante opposée, mais on va certainement avoir aussi une fibre militante très exagérée. C'est à dire peut être des artistes, qui vont se faire de la chirurgie esthétique pour encore peut être pour se mettre un troisième sein, ou une troisième fesse, je n'en sais rien. Parce que la notion de beauté, comme la décrit Orlan, ce n'est pas une notion globale, c'est une notion de culture et d'éducation. Quand on voit les Apathies (?) ou les Badung, ce sont des beautés complètement différentes. Et c'est ça qui est intéressant, c'est une éducation. Et ce que nous présente Kardashian, c'est une autre éducation. Donc on a la beauté que l'on mérite, on a la culture que l'on mérite, et ce que veulent voir les gens, ce sont des grosses fesses et des gros seins… et une petite tête. Je pense que les créatifs vont vraiment avoir un rôle, mais leur impact va être limité. Par exemple, je me rappelle très bien, je suis allée à la conférence de Orlan qui présentait le thème "Je suis un monstre". Elle faisait le parallèle sur Lady Gaga, qui avait sorti son album "I'm a monster" et elle expliquait, Orlan, elle, qu'elle était un monstre pour le grand public. Et je me rappellerai toute ma vie que des jeunes de 17 ans ont pris la parole, donc ils avaient payé 11€ quand même, pour dire en public à Orlan: " Comment pouvez-vous oser parler philosophie, vous n'êtes qu'une artiste. Vous n'êtes pas une philosophe." Et c'est ça qui est surprenant. C'est que la plupart des jeunes, n'ont pas compris le travail d'Orlan, ils se sont arrêtés sur l'aspect chirurgie. Ils n'ont pas compris que le travail d'Orlon, c'est l'un des travaux les plus simples contre le racisme pour accepter le travail quel qu'il soit. Et surtout, là c'est très fermé. Alors que déjà, Poussin, au XVIIème siècle, faisait de la philosophie, puisqu'il se considérait comme peintre philosophe. Donc le travail que vont faire les artistes va être compris, mais malgré tout, par une frange minoritaire de penseurs et que la grande majorité ne va pas comprendre. Si on voit le travail de Gina Pane, de Orlan, et des actionnistes viennois par exemple, complètement incompris par la grande majorité du public, qu'ils considéraient d'ailleurs plutôt comme des pédophiles, des extrémistes, des scatologistes… ou je ne sais pas quoi.

A : très bien ! Merci beaucoup pour tes réponses très riches et merci infiniment d'avoir répondu à nos questions !

T : Merci à toi de m'avoir questionné, ça m'a fait plaisir d'échanger et j'espère qu'on se reverra très prochainement !

A : À bientôt :) !

En 2024, nous imaginons qu’un petit appareil à clipper à son vêtement aurait vu le jour. Il s’agirait d’une sorte d’assistant de vie que l’utilisateur pourrait programmer selon ses besoins et ses attentes. Le scénario collectif est ainsi présenté sous forme de forum où un futur utilisateur souhaite se procurer cet outil, mais a besoin d’avis de consommateurs pour se décider. Par ce scénario, nous imaginons comment l’évolution des tabous ainsi que les avancés technologiques pourraient libérer l’Homme de ce mal être psychologique encore très présent aujourd’hui.

> Bonjour à tous,

J’ai entendu parler du dernier IdTracker® et souhaiterais m’en procurer un. Pouvez-vous témoigner de l'intérêt de cet appareil en me précisant bien l’utilisation que vous en faite ? Je vous remercie.

Kyle O.

> Bonjour,

Avant toute chose, je prendrai le temps de vous rappeler comment cet appareil fonctionne. Le IdTracker® est un petit boitier (3x3 cm) doté d’un clip que l’on peut accrocher à un tee shirt, veste, manteau ou pantalon. Le IdTracker® est un instrument incroyable ; doté de plusieurs fonctions, il peut permet d’assurer un contrôle régulier du rythme cardiaque à qui le souhaite ; il peut aussi permettre de mesurer ses données personnelles, de les analyser pour un suivi précis des conditions physique.

De manière général, le IdTracker® peut être un assistant de vie. Il communique aussi l’humeur du porteur à un instant t grâce à une inspection des micro mimiques du corps qui le porte, la température corporelle et les postures. Grâce à cet aspect, le IdTracker® recense l’évolution de l’humeur.

En ce qui me concerne, je me suis procuré le IdTracker® il y a maintenant 6 mois, à la naissance de mon nourrisson. L’idée de départ était de m’en servir comme d’un baby phone. Il peut être mis en connexion avec un autre appareil, permettant une surveillance à distance.

Aussi, la notion de surveillance de santé m’a plu, et m’a rassuré quand à l’évolution de mon enfant, le IdTracker® allait assurer un suivi de croissance (l’appareil garde en mémoire les données enregistrées, de ce fait, il a quelque part le rôle du carnet de santé).

Le IdTracker® a permis à une amie de prévenir les problèmes de santé (allergies) de son nourrisson. L’enfant encore trop jeune, ne pouvait communiquer sur son mal être ; grâce au suivi de santé, l’appareil à pu alarmer les médecins et les parents du trouble habitant l’enfant.

J’espère que mon témoignage pourra t’être utile.

Sophie B.

> Bonjour,

Je souhaite partager avec vous mon impression sur l’appareil IdTracker®. Nous devons reconnaitre avant tout la fiabilité des mesures effectuées par IdTracker®. La précision des analyses est incontestablement juste (de nombreux experts ont pu le confirmer).

D’autre part, le IdTracker® peut être utiliser en temps qu’outil permettant une mesure de ses données personnelles pour un suivi d’évolution individuel, mais l’appareil peut aussi être connecté à un réseau social pour un partage de données. Plus important encore, il est possible d’effectuer une mise en relation avec un centre d’assistance de premier secours (pour des personnes âgées par exemple, ou des personnes malades nécessitant un sérieux suivi de pathologie). Pour une personne âgée qui souhaiterait avertir sa famille de son état de santé, l’appareil peut être connecté à l’appareil portable de la personne que l’on souhaite tenir informé. Pour un suivi de pathologie, l’appareil peut être un mémo et alarmé le malade de la prise journalière de médicaments pour qu’il n’oublie pas de les prendre. Aussi, il faut noter que la connexion avec un centre de secours comme le SAMU ou les Urgences n’est pas un automatisme, il doit être programmé.

Cordialement.

Matthieu V.

>Bonjour Kyle,

je me permet de rebondir sur la réponse de Matthieu au sujet de la connexion sur les réseau sociaux et le partage de données… Il y a un dilemme. Cela épuise ta batterie en quelques heures, ce qui t’oblige dans la plupart des cas, de devoirs trouver un point de relais pour faire le plein ! Est-ce-que tu te sent capable de devoir t’immobiliser une demi-heure pour recharger le IdTracker® dans un point relais, qui on le sait tous, ce sont pas tous gratuit... Ou dans le pire des cas, tu devras éviter de sortir de chez toi par la craintes d’avoir un problème… Je te dis cela parce que plusieurs de mes amis l’ont, et depuis, ils ne sortent plus sans, à croire que c’est devenus indispensable et qu’ils ne peuvent pas envisager de sortir sans le IdTracker®. Ils sont devenus des IdTracker® Addict et ne jure que par ça.

A par les inconvénients de la batterie, lorsque tu es connecté, les données personnels cumulés sont revendu à des sociétés inconnus… Du point de vue d’une sociétés, tu deviens un client potentiels avec un porte monnaie à la vue de leurs commerciaux, donc tu seras vivement sollicité par de la publicité intrusive et autres alerte en tout genre. En ce qui me concerne, j’ai porté le IdTracker® suite à une intervention chirurgicale. Mais pas de bol pour moi, quelques jours avant, j’ai perdu mon emplois suite à la fermeture de la société. A ma grande surprise, j’ai commencé à recevoir des offres d’emplois depuis mon lit d’hôpital… à croire que mon profil été déjà répertorier… J’ai enchaîné plusieurs vingtaine d’entretien à distance, jusqu'à qu’un employeur me précise que leur société recherche un individus en bonne santé ! Le comble du comble ! Pourtant dans mon profil, il n’est pas précisé que je suis contagieux ou potentiellement mourant… J’ai passé des heures et des heures à enregistrer mes données cardiaque et suivre les alertes afin d’avoir un corps sains jusqu'à mon embauche.

Lorsque j’avais le IdTracker®, j’ai trés vite compris qui de mes amis ont été sincères et il y a eu les autres… J’en est beaucoup souffert car je ne pouvais plus leurs faire confiance parce je savais que mon meilleur amis me menter, ou que je l’agacé 94% du temps que je partager avec lui. Et je préfère t’épargner les détails sur ma relation de couple… Lorsque j’ai rendu le IdTracker® à mon chirurgien, j’ai eu comme le sentiment d’un vide, un manque ! L’environnement que je connais si bien devenait incertains, incalculable, propice aux problèmes et au imprévus. Les premiers heures sans le IdTracker® été similaires au sentiments d’être couper du monde, seule face aux dangers. C’était déstabilisant de ne pas savoir exactement ma fréquence cardiaque, mes besoins journaliers et mes alertes. Plusieurs jours sont passé avant de m'adapter à cet environnement sans information ponctuel, lorsque que je découvre qu’on ne m’avait jamais préparé à m’adapter à un environnement incertain tels que le notre.

Olivier N.

> Bonjour Kyle,

Je suis chercheur à l'Institut de Recherche Psycho Connectée.

Nous avons constaté à l'aide d'une étude sur un panel de 100 personnes.

Le IdTracker® nous permet de récolter des données importantes et de mieux suivre nos patients.

Nous avons équipé ces personnes du IdTracker® sur une durée de 6 mois, il est apparu que 47% des sujets de l'étude ayant une prédisposition à la dépression on développé au cours de ces 6 mois, une addiction au IdTracker®.

Il apparaît chez eux, un sentiment d'insécurité particulièrement fort. Le IdTracker® viens au début rassurer cette insécurité, leur permettant de mieux contrôler leur humeurs, de mieux comprendre l'objet de leur frustration en observant leur propre fonctionnement. Il leur permet également de prendre conscience de leur corps parfois négligé lorsque la dépression est très intense. Certains ce sont ainsi adonner au sport. Le problème est qu'au bout d'un certain temps, ceux qui ont la plus grande sensibilité aux addictions deviennent presque dépendant du IdTracker®. On a vu certain organiser leur emploi du temps autour du IdTracker®, on se rend compte alors qu'ils ne sont pas à l'écoute d'eux même mais du IdTracker®. Ceux qui s'étaient d'abord mis à prendre soin de leur santé physique se mette à faire du sport à l'excès négligeant tout autre aspect de leur vie.

Evidemment il en résulte que la plupart finissent isolé, leur dépression ne fait alors qu'empirer sans même qu'ils ne s'en rendent compte. De plus et celà n'engage que moi, j'ai constaté la présence de publicité ciblée particulièrement douteuse, certaine entreprises en profitent pour vendre tout types de médicaments ( viagra, compléments en tout genre,..) aux utilisateurs en dépression et cela ne fais qu'empirer leur état. Plus l'utilisateur a une utilisation qui témoigne de sa dépression plus il est sujet à ce genre de publicité, jouant sur sa faiblesse ou sur ses complexes. Nous avons tenter d'avertir le Ministère de la santé à la suite de cette étude malheureusement notre avertissement n'a pas été prise en compte étant donné la jeunesse de cette technologie, ainsi que le pactole qu'il représente pour les entreprises, banques,assurances,etc

Ce que nous préconisons est une utilisation raisonné et raisonable du IdTracker®. Si vous avez déja été sujet à une quelconque addiction (alcool, drogue,..)

je ne saurais que trop vous conseiller d'éviter ce produit , ou bien de consulter un psychologue au préalable, qui saura vous conseiller et vous avertir.

Bien à vous,

Chris W.

LE CORPS ET LA SANTÉ

L’apparence et le qu’en-dira-t-on sont des phénomènes de société, notamment avec le développement des réseaux sociaux, et de ses effets de mode.

Malheureusement, ces derniers engendrent des problèmes conséquents et touchent de nombreux domaines comme celui de la santé, en particulier chez les adolescents et jeunes adultes. D’autre part, le quantified self est loin d’être anecdotique de nos jours. En effet, maîtriser, perfectionner son corps c’est prendre le contrôle de sa vie, de son avenir.

Mais quelle est la place de la maladie quand le monde qui nous entoure tourne autour de l’apparence ? En quoi le mal-être psychologique est-il lié aux tabous ? Les nouvelles technologies peuvent-elles y remédier ?

Anaëlle Daussy / Célia L'anthoen / Natalya Novikova / Sixtyne Perez / Julie Rassat